Vinland Saga épisode 14 : La lumière de l’aube.

Askeladd ne s’embarrasse pas de prisonniers ! Notre critique-analyse

Après les folles révélations sur le passé d’Askeladd (Mister « Je-suis-un-descendant-directe-du-roi-Arthur »), que nous réserve cet épisode ?

Un nouveau personnage nous est introduit en prégénérique, celui d’Anne, une jeune fille anglaise, qui sera le fil rouge de l’intrigue. On retrouve ensuite nos « sympathiques » mercenaires vikings dans leur périple afin de ramener le prince Canute auprès de son père, le roi Sven. En pleine traversée du territoire ennemi, ils sont surpris par l’arrivée soudaine de l’hiver. Les tempêtes de neige rendant la marche difficile, le moral des troupes baisse et les provisions en font de même. Askeladd ne voit qu’une solution pour pouvoir poursuivre leur route : pillé un village anglais.

C’est à ce moment-là que l’on retrouve Anne, à table avec toute sa petite famille. Le tableau qu’on nous en fait est chaleureux et bienveillant. Ces gens sont simples, travailleurs et très croyants. Ils ont l’air pauvres, mais heureux. Leur seule inquiétude est de savoir s’ils seront accueillis au paradis au jugement dernier. Des préoccupations éloignées de celle des puissants de leur monde. 

Malheureusement pour la jeune fille, il s’avère que la cible de nos Norsmann n’est autre que son petit patelin. Malgré la tentative d’alerte faite par le prêtre, le raid s’abat sur la population, alors en plein diner. Les danois leur prennent leurs stocks de nourriture puis les rassemblent à l’écart des maisons. De manière pragmatique, Askeladd décide de tous les massacrer, car il ne peut ni leur laisser des vivres sans mettre en danger la survie de ses soldats. Ni leur laisser la vie sauve sans risquer de voir l’un d’entre eux prévenir l’ennemie de leur présence. Seul bémol dans son plan : Anne. Poussée par le remords d’avoir péché, elle s’était éclipsée de sa maison. Se faisant, elle échappe à la tuerie. Mettra-t-elle en péril la discrète traversée de la Murcie souhaitée par Askeladd ?

Cet épisode est un bijou dur et violent émotionnellement. On s’attache rapidement à cette famille de paysans à laquelle on finit par s’identifier. Participant aussi à la construction de cette atmosphère, nous pouvons parler du développement des personnages. Ainsi nous avons Anne, en lutte morale avec la notion du bien et du mal. Puis Askeladd et de son côté froid, calculateur qu’on nous avait peu détaillé précédemment. Sans oublier notre prêtre qui après une illumination provoquée par les dernières paroles de Thor, tente, tant bien que mal, de faire ce qui est juste. 

À noter la toile de fond religieuse. L’intrigue nous immerge dans une croyance populaire moyenâgeuse : l’arrivée prochaine du royaume de Dieu. Il y a aussi le découpage en deux parties de l’épisode. Un verset des Lamentations (Lm 5:20 ; Lm 5 : 22) introduit chacune d’elles. Cela crée un parallélisme entre le sort du peuple juif dans la bible et la menace qui pèse sur la population chrétienne dans la série.  

Last but not least, soulignons l’influence artistique européenne dans l’animation de cet épisode. Les tableaux de Piéter Bruegel ont clairement inspiré les paysages enneigés et les paysans, ce qui apporte une touche de mélancolie à l’ensemble. Et que dire de cette représentation du diable qui semble tout droit sorti du Codex Gigas et qui personnifie cette peur de l’enfer. 

Vinland saga est une série Amazon Prime Video. Un nouvel épisode chaque semaine.

L’art de la Guerre: Kingdom

Comme le dit le vieil adage, « mieux vaut tard que jamais ». Il y a deux semaines, dans les rayons de Komikku, je cherchais frénétiquement quelque chose à lire. J’étais en manque. Les prochaines sorties mangas n’étaient prévues que pour la fin du mois de juin, début juillet (Japan Expo oblige 🙂 ). Fallait que je trouve quelque chose qui me fasse tenir jusque-là. Mais bon, quand cela fait plus de trente ans que j’en lis, il est rare qu’un ouvrage intéressant nous passe sous le nez…mais pas impossible, comme cela a été le cas cette fois-ci ;). 

Cela faisait plus d’un quart d’heure que je tournais en rond. Je n’arrivais pas à trouver un titre qui puisse satisfaire mon addiction. Forcément, tourner en rond finit par attirer l’attention. Une petite voix m’interpelle « je peux vous aider ? », je me retourne et me retrouve nez à nez avec une vendeuse. Avec grand plaisir. « Qu’est-ce que vous pouvez me conseiller ? – Si vous êtes amateur de thrillers, j’ai My Home Hero qui est pas mal – Je connais et j’attends le tome 3 avec impatience —Si vous avez aimé Death Note, vous aimerez surement the Promise Neverland—Pareille, vivement le prochain —Ok, dans ce cas pourquoi pas Eden Zero ? – Ah non, trop fan service » Bon, j’avoue, je suis un client chiant, mais que voulez-vous que je vous dise. 

 « Vous avez essayé Kingdom ? » Kingdom…hum on m’en avait déjà parlé, mais bizarrement je n’avais jamais commencé. « Cela parle de quoi ? – C’est un seinen historique sur l’unification de la Chine ». OK, en une phrase, elle avait attisé ma curiosité. Un seinen, donc une histoire pour public averti et mature. Historique, en tant que diplômé d’Histoire de l’Art et d’Archéologie, ce mot sonnait comme de l’or à mes oreilles. Et enfin, qui dit unification, dit forcement intrigue politique, conquête et personnages charismatiques. « Bingo, je vous prends le tome 1 ». Prudence est mère de sureté, achetons le premier et voyons ce que cela donne… Et cela a excellemment bien donné, j’ai tout de suite été charmé. En l’espace de dix jours, j’ai fait l’acquisition des vingt-deux volets déjà parus en France. L’action se déroule durant la période des Royaumes combattants chinois entre le Ve siècle et le IIIe siècle av. J.-C., que demande le peuple. 

Couverture du tome 1

Mais vous me demanderiez « Kingdom, de quoi cela parle ? » 

Shin et Hyou sont deux orphelins de guerre, qui grandissent au service d’une famille d’un petit village de l’état de Qin. Leur rêve est de devenir les plus grands généraux sous les cieux et que leurs noms résonnent éternellement dans l’histoire. Un objectif presque inatteignable quand on a un statut équivalent à celui d’un esclave. Malgré tout, depuis qu’ils sont gamins, ils passent leur peu de temps libre à s’entrainer au maniement de l’épée et à planifier leur futur. Un jour, un ministre du palais royal, qui passait par là, assiste à l’un de leurs duels. Impressionné, il décide de prendre avec lui un seul des deux garçons, Hyou, pour en faire un officier. Les jours passent et un soir, en ouvrant la porte de sa cabane, Shin découvre Hyou, rampant, mortellement blessé. Une rébellion avait éclaté au Palais. Le frère du roi cherchait à s’emparer du pouvoir. Avant de rendre son dernier souffle, Hyou, dans un ultime effort, demande à son ami de concrétiser leur rêve et le charge d’une mission, celle d’aller à sa place à un certain rendez-vous. Shin, fou de rage, se jure de le venger et accepte. C’est le début pour Shin d’une incroyable aventure qui lui permettra de devenir le plus grand général sous les cieux et par la même occasion, de changer la face complète de la chine.

Avec une intrigue bien écrite et bien dessinée, Yasuhisa Hara nous plonge dans un monde encore peu connu en France, celui de l’antiquité chinoise. On sort de notre zone de confort judéo-chrétien et on découvre un monde qui, à l’instar du monde gréco-romain pour l’Europe, est la source de la civilisation extrême orientale. Le titre vainqueur du 17egrand prix culturel Osamu Tezuka est un petit bijou qui, en plus de nous divertir, nous permet d’élargir nos connaissances. 

À mi-chemin entre le roman de guerre historique, le shonen nekketsu et une bonne partie d’échecs, Kingdom nous fait revivre les origines d’un empire à travers les yeux d’un jeune serviteur qui fera tout pour devenir le plus grand général sous les cieux. Donc fan de péplum, de batailles rangées, de trahisons, d’intrigues et d’action…il n’y a pas lieu de réfléchir, courrez dés à présent découvrir ce chef d’œuvre.